Eau et dénivelé

Un escalier qui fuit

Un canal de partage n'est pas un cours d'eau. C'est un escalier d'eau immobile, et chaque marche franchie consomme de la ressource.

Le mécanisme mérite d'être posé précisément, car tout le reste en découle. Une écluse est un bassin fermé — le sas — dont on fait varier le niveau pour élever ou abaisser un bateau. Quand un bateau descend, on remplit le sas au niveau du bief amont, c'est-à-dire de la portion de canal située en amont, où le plan d'eau est constant ; le bateau y entre, on ferme, on vide le sas vers le bief aval, le bateau ressort plus bas. Le volume d'eau ainsi transféré vers l'aval est perdu pour l'amont. Quand un bateau monte, le même volume est prélevé sur le bief supérieur. Dans les deux cas, le bilan est le même pour le sommet du canal : chaque passage d'écluse fait descendre de l'eau, et rien ne la remonte.

Sur un canal latéral, longeant une rivière, ce n'est pas un problème : on prélève ce qu'on veut dans le cours d'eau voisin. Sur un canal de partage, qui franchit une ligne de crête pour passer d'un bassin hydrographique à l'autre, c'est le problème central. Au point le plus haut, par définition, aucune rivière ne coule : les eaux s'écartent de part et d'autre. Il faut donc apporter au sommet, artificiellement, de quoi alimenter les écluses des deux versants — et cette contrainte a gouverné deux siècles de débats sur le tracé du canal de Bourgogne. Si l'on a choisi le seuil de Pouilly plutôt que celui de Longpendu, ce n'est pas pour raccourcir le trajet : c'est parce que les ingénieurs du milieu du XVIIIe siècle y estimaient l'eau disponible à quinze cents pouces contre trois cents.1

Ce chapitre décrit donc le canal comme ce qu'il est réellement : une machine hydraulique de 242 kilomètres, dont la navigation n'est que l'usage visible. Et il faut annoncer d'emblée sa conclusion : cette machine n'a jamais eu assez d'eau. Pendant toute sa période commerciale, le manque d'eau reste une préoccupation constante, et la navigation pouvait être interrompue plusieurs mois par an.2

La géométrie du problème

Les ordres de grandeur suffisent à faire comprendre la difficulté.

Le canal court sur environ 242 kilomètres, de Saint-Jean-de-Losne sur la Saône à Migennes sur l'Yonne.3 Son bief de partage se situe à 378 mètres d'altitude, ce que Desaunais préfère exprimer en dénivelée : trois cents mètres au-dessus des basses eaux de chacune des deux rivières.4 Le versant Yonne descend d'environ trois cents mètres, le versant Saône d'environ deux cents.5

Pour absorber ce relief, il faut des écluses, et beaucoup : cent quatre-vingt-onze à l'origine, cent quatre-vingt-neuf après la fusion de quelques écluses doubles lors des travaux Freycinet, réparties en cent treize sur le versant Yonne et soixante-seize sur le versant Saône.6 La chute moyenne des écluses d'origine est de l'ordre de 2,61 mètre.7 Autrement dit : le canal de Bourgogne est l'un des canaux français où l'on éclusera le plus, et donc où l'on consommera le plus d'eau par bateau transporté. C'est une donnée structurelle du bilan commercial autant que technique.

Les biefs sont d'une extrême irrégularité. Le plus long, le bief 13 du versant Yonne, atteint 10,45 kilomètres ; le plus court, le bief 37 du même versant, mesure 210 mètres.8 Un canal de partage en zone de relief n'est pas une pente régulière : c'est une succession de paliers dont la longueur dépend du terrain, avec des secteurs où les écluses se suivent presque immédiatement. La cuvette, elle, est normalisée : neuf à dix mètres de largeur au plafond — au fond — pour dix-sept mètres et demi à dix-huit mètres au niveau de flottaison, ce qui correspond aux talus inclinés d'un canal creusé en terre.9

Reste à savoir d'où vient l'eau. Une note de l'ingénieur Galliot, en 1911, distingue trois régimes le long du linéaire, et cette tripartition est le meilleur guide pour comprendre le système.10

De La Roche à Rougemont, sur environ quatre-vingt-quatorze kilomètres, le canal se comporte en canal latéral à l'Armançon : il puise dans la rivière qu'il accompagne, par des prises d'eau, et dispose plus tard du renfort du réservoir de Pont-et-Massène.

De Rougemont à Pouilly, sur environ soixante-quatre kilomètres, il n'a presque rien : c'est la section critique, celle qui dépend entièrement des réservoirs de partage. Soixante-quatre kilomètres, c'est plus du quart du canal alimenté par des réserves artificielles.

Sur le versant Saône, enfin, le canal prend dans l'Ouche, dont il suit la vallée jusqu'à Dijon puis vers la Saône.

Anatomie d'une écluse

L'écluse du canal de Bourgogne n'est pas un ouvrage d'exception : elle est un ouvrage répété. C'est justement ce qui la rend intéressante.

Un site d'écluse, dans le vocabulaire de l'inventaire, ne désigne pas seulement le sas : c'est un ensemble comprenant l'écluse et les constructions qui lui sont liées — maison éclusière, remise, pont, aqueduc.11 Le sas est bordé de deux murs latéraux, les bajoyers, fermé en amont et en aval par des portes, et rempli ou vidé par des vannes. Avant l'allongement des années 1878–1882, les sas du canal mesurent environ trente-trois mètres de long pour 5,20 mètres de large, dimensions cohérentes avec le gabarit visé par le plan Becquey — 30,40 mètres utiles pour un mouillage de 1,60 mètre.7 12

Deux écoles de conception se lisent encore sur le linéaire. Les dessins d'inspiration Perronet, appliqués partiellement entre Migennes et Brienon, sont des ouvrages « architecturaux », en brique et pierre, où le soin donné aux élévations compte autant que la fonction.13 Le parti de Gauthey, en 1784, est plus franchement technique : sas en pierre, aqueduc de sortie, économie de moyens — la marque de l'École des ponts de la fin du XVIIIe siècle, dont la référence théorique est l'Architecture hydraulique de Bélidor.13

Deux cas particuliers méritent d'être signalés parce qu'ils illustrent l'évolution du système. À Migennes (écluses 114–115 du versant Yonne) et à Germigny (106–107), des écluses doubles — deux sas successifs partageant un ouvrage — ont été transformées au XXe siècle en écluses simples à grande chute, de l'ordre de 5,13 et 5,14 mètres, soit le double de la chute standard.14 Moins de manœuvres, moins de personnel, mais un volume d'eau plus important déplacé d'un coup.

Enfin, l'inventaire donne de ces sites une image domestique qu'il serait dommage de négliger : vingt-cinq jardins délimités, quatre-vingt-seize puits, soixante-cinq lavoirs, cinquante-huit latrines, soixante-dix-neuf ponts routiers franchissant l'écluse, et un seul site dépourvu de maison, à Ouges.15 Le canal n'est pas seulement une machine : c'est une machine habitée, ce qui sera l'objet du chapitre 12.

Maison éclusière d’Escommes (Maconge).

Maison éclusière d’Escommes (Maconge) : un site d’écluse est aussi un logement. Pierre André Leclercq, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Tenir l'eau

Fournir de l'eau ne sert à rien si le canal la perd. Or il la perd — par évaporation, par les écluses, et surtout par le fond.

La question de l'étanchéité est apparue dès les premiers chantiers, où la perméabilité des « sables » traversés fut notée comme une difficulté sérieuse.16 Elle réapparaît sous une autre forme à l'approche du partage, sur les terrains argileux du Lias et du Jurassique. L'argile est une bonne chose pour un canal : elle retient l'eau. C'en est une mauvaise pour un remblai : détrempée, elle glisse. Alexandre Collin, jeune ingénieur affecté au bief de partage, aura précisément à traiter la tenue des talus de digues en terrain argileux, comme à la tranchée de Valdieu — un travail qui le conduira plus tard à des recherches devenues classiques sur la stabilité des pentes.17

Les moyens de l'époque sont limités et empiriques : corroyage d'argile au fond de la cuvette, blocage de pierre, maçonneries hydrauliques. Le chantier du canal de Bourgogne a d'ailleurs contribué à la mise au point des liants hydrauliques — les « ciments romains » qui durcissent sous l'eau —, sujet auquel des travaux d'histoire locale ont été consacrés.18

L'étanchéité ne sera jamais réglée une fois pour toutes. Après l'ouverture, les campagnes d'étanchement et de dragage se succèdent : un radeau-dragueur est mis en service en 1853, les courbes trop serrées sont recoupées — trente-deux à Charigny en 1890 —, les biefs les plus perméables font l'objet de reprises régulières.19 Sur les trois derniers biefs du versant Saône, la perte est telle qu'on finit par renoncer à l'apport gravitaire : une prise d'eau dans la Saône est établie en 1897, puis une usine hydroélectrique et des pompes sont décidées le 3 juillet 1913 pour relever l'eau.20 Quatre-vingts ans après l'ouverture, on pompe pour maintenir à niveau la fin du canal.

Les pertes ont aussi un coût social. Dans les années 1830–1840, l'administration verse des indemnités aux propriétaires riverains pour infiltrations et dépréciation de terrains : l'eau qui manque au canal se retrouve dans les prés voisins.21

Fabriquer une réserve

Puisque la nature ne fournit pas d'eau au sommet, il faut la stocker en hiver pour la dépenser en été. C'est la fonction des réservoirs, vastes retenues établies sur des vallons voisins du canal et reliées à lui par des rigoles — canaux d'alimentation de faible section.

Le type d'ouvrage est stable : une digue barrant le vallon, un évacuateur de crue pour évacuer les eaux excédentaires sans submerger la digue, une décharge de fond pour vidanger, et une tour de prise d'eau permettant de puiser à différentes hauteurs selon le niveau de la retenue.22 Ces quatre organes définissent un barrage-réservoir du XIXe siècle ; on les retrouvera tous à Panthier.

Quatre réservoirs sont établis au-dessus du bief de partage, donc capables de l'alimenter par gravité : Chazilly, Tillot, Grosbois et Cercey. Leurs rigoles rejoignent les bassins de Pouilly ou d'Escommes, à l'exception de Tillot.23 Un cinquième, Panthier, est situé en dessous du partage, sur le versant Saône, ce qui lui donne une fonction toute différente — on y revient plus loin. Un sixième, Pont-et-Massène, viendra beaucoup plus tard, construit de 1878 à 1883 dans la vallée de l'Armançon, avec une digue d'environ cent cinquante mètres et une retenue de vingt mètres : celui-là n'alimente pas le partage mais soutient la section latérale, et il est d'emblée conçu pour plusieurs usages — canal, régulation de la rivière, eau potable de Semur-en-Auxois.24

Les volumes annoncés varient selon les sources, et il faut le dire au lecteur plutôt que de choisir en silence. Chazilly est donné pour 2,2 million de mètres cubes, Cercey pour 3,5, Tillot pour 0,9 — trois chiffres de source unique.25 Grosbois pose un problème sérieux : une notice encyclopédique l'annonce à 8,6 millions de mètres cubes, tandis que l'inventaire régional donne 222 000 mètres cubes pour le réservoir et 828 000 pour le contre-réservoir. L'écart est d'un facteur dix ; l'une des deux séries est probablement erronée, et il serait imprudent de trancher sans revenir aux relevés d'ingénieurs.26 Desaunais, pour sa part, donne un total de 27 933 327 mètres cubes pour les cinq réservoirs du partage, et environ trente-deux millions en comptant Pont-et-Massène.27 C'est ce total qui donne la meilleure idée de l'effort : trente millions de mètres cubes d'eau stockés pour faire marcher un escalier.

Grosbois mérite un mot, car il est le contrepoint technique de Panthier. Conçu par Bonnetat et Lacordaire, construit de 1830 à 1838 dans la vallée de la Brenne, il est fermé par une digue de maçonnerie d'environ cinq cent cinquante mètres.28 Sa hauteur de retenue, de 22,50 mètres à l'origine, a été réduite à 19,50 mètres en 1895 — décision prise dans le climat d'inquiétude qui suit la rupture du barrage de Bouzey, dans les Vosges, et ses quatre-vingt-sept morts.29 Un contre-réservoir lui est ajouté de 1900 à 1905, sous la conduite de Galliot et Cléry, et des consolidations suivront en 1922–1924 puis en 1948.30 Sa rigole vers le port de Pouilly mesure quatorze kilomètres, dont un souterrain de près de trois mille sept cents mètres à Soussey — soit un tunnel plus long que celui de Pouilly, creusé pour de l'eau et non pour des bateaux, et que personne ne visite.31

Réservoir de Grosbois (gravure historique).

Réservoir de Grosbois, gravure des « Travaux publics de la France ». SMU Central University Libraries, sans restriction, via Wikimedia Commons.

Panthier : le réservoir d'en bas

De tous les ouvrages hydrauliques du canal, le réservoir de Panthier est celui qui résume le mieux la thèse de ce chapitre : l'alimentation du canal n'a pas été un préalable au chantier, mais un chantier permanent, commencé avant l'ouverture et non terminé aujourd'hui.

Un plan d'eau sur le flanc d'une vallée

Panthier est le plus grand plan d'eau artificiel de Côte-d'Or parmi les réservoirs du canal. Il s'étend au point de rencontre des communes de Vandenesse-en-Auxois, Créancey et Commarin, à portée de vue de la butte de Châteauneuf-en-Auxois.32

Lac de Panthier vu depuis la Crochère (2016).

Lac de Panthier vu depuis la Crochère (2016) : retenue latérale, digue de terre allongée. © Pierre André, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Châteauneuf-en-Auxois vu depuis le canal.

Châteauneuf-en-Auxois vu depuis le canal, à proximité de Panthier. Tangopaso, domaine public, via Wikimedia Commons.

Sa particularité, soulignée par l'inventaire, est d'être une retenue latérale : au lieu de barrer une gorge en travers, comme le fait Grosbois dans la vallée de la Brenne, la digue épouse un flanc de vallée et referme une cuvette peu encaissée.32 La conséquence est immédiate pour qui regarde l'ouvrage : il n'y a pas ici de haut barrage étroit, mais une très longue digue de terre, de plus de mille cent mètres — mille cent trente selon le gestionnaire actuel —, pour une hauteur de retenue d'environ quatorze mètres.33 Un mur de plus d'un kilomètre pour quatorze mètres de haut : le rapport dit assez qu'on a préféré la longueur à la hauteur, c'est-à-dire un ouvrage de terrassement à un ouvrage de maçonnerie.

Les volumes, comme souvent, dépendent de la source consultée. L'inventaire régional donne une capacité de 8 050 000 mètres cubes. Voies navigables de France, gestionnaire de l'ouvrage, indique 7,57 millions de mètres cubes à la cote de retenue normale de 14,41 mètres, pour une surface de cent cinq hectares. Une notice encyclopédique avance neuf millions de mètres cubes et environ cent trente hectares, chiffres qu'il vaut mieux écarter au profit des deux premiers.34 Retenons l'ordre de grandeur : environ huit millions de mètres cubes, soit à lui seul près du tiers de la réserve totale du canal.

1830–1836 : la digue

L'histoire administrative de l'ouvrage commence pendant la course d'achèvement décrite au chapitre précédent. Le projet du barrage est dû à l'ingénieur Jean Bonnetat — le même qui suit alors le chantier du souterrain et signe le projet de Grosbois. L'adjudication des travaux de digue et de rigoles est passée le 15 décembre 1830 à Claude Leblanc, entrepreneur établi à Arnay-le-Duc.35

La construction de la digue principale occupe les années 1834 à 1836, et la mise en eau est datée de 1836.36 Une synthèse régionale sur l'alimentation place la mise en service de Panthier en 1835, avec Cercey et Tillot, l'ensemble Grosbois–Chazilly ne suivant qu'en 1838.37 L'écart d'un an entre « mis en service » et « mis en eau » n'a rien de surprenant pour une retenue de cette taille : un réservoir se remplit sur plusieurs saisons, et l'usage administratif d'une date de réception ne coïncide pas avec l'usage hydraulique.

La chronologie est en tout cas sans ambiguïté sur un point : le canal a été ouvert à la circulation le 2 janvier 1833, et le premier des grands réservoirs n'a commencé à retenir l'eau que deux ou trois ans plus tard.38 Pendant les premières saisons de navigation, le canal a fonctionné sans sa réserve.

1866–1873 : l'agrandissement Bazin

Trente ans plus tard, l'insuffisance est patente. Un projet d'agrandissement est étudié en 1852, sans suite.39 Il faut attendre le 10 décembre 1865 pour qu'un nouveau projet soit établi par l'ingénieur Henri Bazin, validé par l'ingénieur en chef Chenot en 1866.40

Les travaux, menés de 1866 à 1873, sont considérables et consistent pour l'essentiel à faire monter l'eau plus haut. La digue est exhaussée de 7,60 à 13,60 mètres ; une digue de ceinture d'environ mille deux cents mètres est ajoutée pour contenir la retenue là où le terrain naturel ne suffit plus ; une nouvelle rigole de remplissage est creusée. Pour exécuter ce programme, le réservoir est vidé de 1870 à 1872, puis remis en eau en 1873.41 Bazin publiera en 1880 une notice détaillée de ces travaux dans les Annales des ponts et chaussées — la source technique de référence sur l'ouvrage.42

Cet épisode est instructif à deux titres. D'une part, il montre que le dimensionnement initial de l'alimentation du canal était insuffisant, et reconnu comme tel dès la génération suivante : on a presque doublé la hauteur d'eau retenue. D'autre part, il place Panthier au cœur de la carrière d'un ingénieur qu'on retrouvera partout dans la seconde moitié du XIXe siècle sur ce canal — la même main signe la notice sur le touage à vapeur de Pouilly en 1868 et celle sur l'allongement des écluses en 1885.43 Le canal de Bourgogne des années 1870–1880 est, pour une bonne part, le canal de Bazin.

Médaillon d’Henri Bazin, fontaine place Saint-Michel à Dijon.

Médaillon d’Henri Bazin, fontaine place Saint-Michel à Dijon. Christophe.Finot, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons.

Où l'eau entre, où l'eau sort

Le fonctionnement de Panthier suppose deux réseaux distincts, et c'est ici que les erreurs de description sont les plus fréquentes.

En amont, le remplissage combine plusieurs apports. Le ruisseau de Panthier alimente la retenue à l'ouest. Une rigole capte le réseau du Commarin et du Montoillot par une série de prises — Echannay, Volta ou Voina, Palloux, Semarey, Solle —, avec un passage souterrain d'environ deux cent cinquante-huit mètres derrière le parc du château de Commarin. À partir de 1910–1911 s'y ajoute un apport nouveau : une rigole amène au réservoir les eaux excédentaires du bief de partage, depuis le bassin de Créancey, sur environ trois mille trente-huit mètres, d'après un projet de l'ingénieur Vérot daté du 14 octobre 1909 ; le gestionnaire actuel désigne cet ouvrage comme l'« intercommunication d'Escommes » et le date de 1911.44 L'inversion est remarquable : le sommet du canal, si difficile à alimenter, envoie son trop-plein d'hiver vers un réservoir situé plus bas, qui le restituera en été.

En aval, l'eau rejoint le canal par la rigole des Bordes — anciennement Esbordes — et débouche à la halte fluviale de Vandenesse, sur le bief 10 du versant Saône.45 Ce point doit être énoncé sans détour, parce que plusieurs présentations du canal l'ont brouillé : Panthier n'alimente pas le versant Yonne. Le réservoir est situé en dessous du bief de partage ; il ne peut, par gravité, que servir le versant Saône. Les notices patrimoniales précisent en outre que le débouché se fait à la halte, et non à l'écluse n° 10 dite « de la Mine ».46

Cette asymétrie explique la place particulière de Panthier dans le système. Les quatre réservoirs situés au-dessus du seuil ont pour mission de tenir le bief de partage, donc de fournir les deux versants à partir du sommet ; Panthier, lui, soulage directement la descente vers la Saône. C'est pourquoi la Région, en 2026, le présente comme fournissant environ 80 % de l'eau du versant Saône entre Pouilly et Saint-Jean-de-Losne — chiffre de communication institutionnelle qu'il convient de citer avec prudence, faute de relevé technique publié à l'appui.47

L'ouvrage n'est du reste pas un objet isolé mais un petit ensemble patrimonial inventorié : le barrage lui-même, une maison de garde des années 1860 — le réservoir a son gardien, comme les écluses ont leurs éclusiers — et les rigoles font l'objet de dossiers distincts.48

Un ouvrage jamais fini

La suite de l'histoire de Panthier est une succession de reprises, et c'est peut-être son enseignement le plus durable.

En 1909, les digues sont restaurées, sous la conduite de Vaillard et Galliot, dans la même campagne qui voit Dolfini reprendre le souterrain de Pouilly.49 À partir de 1968, les confortements se multiplient : traitement d'un glissement, drainage, enrochements de protection entre 2005 et 2008.50 Une digue de terre longue d'un kilomètre est un organisme vivant, qu'il faut surveiller, drainer, recharger.

En mai 2026, Voies navigables de France engage un chantier de modernisation d'environ quinze millions d'euros : construction d'un nouvel évacuateur de crues, travaux sur les digues, et retour à la cote historique de la retenue, pour un volume visé de l'ordre de 8,3 millions de mètres cubes.51 Le vocabulaire a changé — sécurité des ouvrages hydrauliques, multi-usages, contrat de plan — mais le problème est celui de 1830 : stocker en hiver l'eau qu'on dépensera en été, et faire tenir la digue qui la retient.

Deux siècles après les premiers projets, le réservoir de Panthier est donc à la fois le plus ancien et le plus récent des chantiers du canal de Bourgogne. C'est un bon antidote à l'idée d'achèvement : ce canal n'a pas été terminé en 1833, ni en 1873, ni en 1911. Il est entretenu.

Le réseau invisible

Autour des réservoirs, l'alimentation mobilise un ensemble d'ouvrages que le promeneur ne remarque pas et que l'inventaire a patiemment recensés.

On compte une trentaine de réseaux hydrauliques distincts — aqueducs, vannes, déversoirs, rigoles.52 Vingt-cinq rigoles d'alimentation au sens strict ont été identifiées, dont seize alimentées par des prises en rivière, quatre destinées au remplissage des réservoirs et quatre servant à conduire l'eau depuis ces réservoirs jusqu'au canal.53 Vingt-neuf déversoirs — ouvrages évacuant le trop-plein d'un bief — ont été repérés.54 Le développement total des rigoles atteint 63,538 kilomètres, soit le quart de la longueur du canal lui-même ; le seul souterrain de Grosbois en représente trois mille sept cent cinq mètres.55

Rigole d’alimentation depuis Grosbois à Soussey-sur-Brionne.

Rigole d’alimentation depuis Grosbois à Soussey-sur-Brionne : le réseau invisible du canal. Michelfouch, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

L'inventaire dressé vers 1860 par l'ingénieur Legros donne la mesure de cet équipement à la génération suivant l'ouverture : soixante-dix-sept aqueducs — le même relevé, cité ailleurs, en indique quatre-vingt-deux —, trente-quatre prises d'eau, vingt-deux déchargeoirs.56 La divergence sur le nombre d'aqueducs est mineure mais typique d'un corpus où les catégories varient d'un rédacteur à l'autre.

Il faut enfin noter que ce réseau ne sert pas seulement le canal. En régularisant des rivières, en écrêtant des crues, en fournissant un débit plus constant aux usines riveraines, il a modifié l'hydrologie de l'Auxois et du Tonnerrois.57 Pont-et-Massène, alimentant aussi Semur-en-Auxois en eau potable, en est le cas le plus explicite.24 Ce que le XIXe siècle a construit pour faire flotter des bateaux dessert aujourd'hui des usages qu'il n'avait pas prévus — argument central des débats contemporains sur l'avenir du canal.

Ce que l'eau n'a jamais réglé

Malgré trente millions de mètres cubes stockés, soixante-trois kilomètres de rigoles et un siècle de reprises, l'alimentation du canal de Bourgogne est restée son point faible.

Les interruptions de navigation pour manque d'eau ponctuent toute la période commerciale.2 L'exemple le plus net est l'année 1921 : une sécheresse abaisse le tirant d'eau disponible à 0,413 mètre et impose près de trois mois d'arrêt ; le trafic tombe à 169 095 tonnes, le plus bas de la série documentée par Desaunais, contre 642 394 tonnes à l'apogée de 1913.58 Un canal qui perd les trois quarts de son trafic une année sur dix n'est pas un outil de transport fiable, et les chargeurs en tirent les conséquences.

L'administration en était consciente et n'a pas manqué de projets. Entre les années 1870 et 1930, sept réservoirs supplémentaires ont été envisagés, tous en Côte-d'Or ; aucun n'a été construit. Un agrandissement du réservoir du Tillot a été étudié puis abandonné.59 Ces projets non réalisés dessinent en creux le canal qu'il aurait fallu — et que le trafic n'a jamais justifié de financer. À partir du moment où le chemin de fer capte le transit lourd, investir dans l'eau d'un canal secondaire perd son évidence économique.

Avant la voûte

Ce chapitre a décrit la partie du canal qu'on ne voit pas : la ressource, les réserves, les rigoles, l'étanchéité, et cette digue de terre d'un kilomètre au bord de laquelle des milliers de promeneurs passent aujourd'hui sans savoir qu'elle a été exhaussée de six mètres sous le Second Empire.

Il fallait la décrire avant d'aborder l'ouvrage le plus spectaculaire du canal, car les deux problèmes sont liés dans l'esprit des ingénieurs de 1810 : c'est le même mémoire, la même décision, qui retient Pouilly avec son souterrain et ses réservoirs.60 Le tunnel n'a de sens que si l'eau arrive au sommet ; l'eau n'a de valeur que si les bateaux peuvent passer. Le chapitre suivant descend donc dans les puits.

Notes

  1. Structurae [S036] pour la comparaison attribuée aux études de Régemortes, Chézy et Perronet entre 1751 et 1764 : environ 1 500 pouces d'eau disponibles au seuil de Pouilly contre 300 à Longpendu. Le pouce d'eau est une unité de débit d'Ancien Régime ; les valeurs sont ici des estimations d'époque, non des mesures modernes.

  2. Canaux de Bourgogne, Alimentation en eau [S008] ; DESAUNAIS, « Le canal de Bourgogne et son trafic », Études rhodaniennes, 1928 [S012]. 2

  3. Canaux de Bourgogne, Introduction [S003] ; Structurae [S036] (242,044 km) ; DESAUNAIS 1928 [S012].

  4. Wikipedia FR [S030] pour l'altitude de 378 m ; DESAUNAIS 1928 [S012] : +299,25 m au-dessus des basses eaux de la Saône et +300,12 m au-dessus de celles de l'Yonne. Formulations divergentes, pas de contradiction.

  5. Canaux de Bourgogne, Héritage du 19e siècle [S004].

  6. Structurae [S036] ; Canaux de Bourgogne [S003] ; DESAUNAIS 1928 [S012]. 191 écluses avant les travaux de 1878–1882, 189 après (113 versant Yonne, 76 versant Saône). L'introduction de l'inventaire compte 115 écluses côté Yonne, en incluant les écluses doubles.

  7. Structurae [S036] : chute moyenne 2,61 m, largeur 5,20 m, longueur d'environ 33 m avant allongement. Source unique, à croiser. 2

  8. Canaux de Bourgogne, Introduction [S003].

  9. Canaux de Bourgogne, Introduction [S003].

  10. Canaux de Bourgogne, Alimentation en eau [S008], résumant la note de l'ingénieur Galliot (1911).

  11. Canaux de Bourgogne, Sites d'écluse [S065] ; POP/Mérimée IA21004059 [S069].

  12. Canaux de Bourgogne, 1808, changement de cap [S010] pour le gabarit Becquey (30,40 × 5,20 m, mouillage 1,60 m).

  13. Canaux de Bourgogne, Sites d'écluse [S065]. Dessins d'inspiration Perronet entre Migennes et Brienon ; parti Gauthey de 1784 (sas en pierre, aqueduc de sortie) ; référence à BÉLIDOR, Architecture hydraulique. 2

  14. Canaux de Bourgogne [S065] ; Wikipedia EN [S076]. Chutes d'environ 5,13 m (Migennes) et 5,14 m (Germigny) contre 2,5 à 3 m pour une écluse standard.

  15. Canaux de Bourgogne [S065] ; POP/Mérimée [S069].

  16. DESAUNAIS 1928 [S012] ; Canaux de Bourgogne [S006].

  17. Wikipedia FR, Alexandre Collin [S060]. Terrains argileux du Lias et du Jurassique, exemple de la tranchée de Valdieu ; tenue des talus jugée critique.

  18. BLIGNY, « Ciment romain et canal de Bourgogne », Bulletin de la SSHN de Semur, 2012-2, cité par Canaux de Bourgogne [S009] et [S017].

  19. Canaux de Bourgogne, Améliorations et aménagements [S007]. Radeau-dragueur en 1853 ; recoupement de 32 courbes à Charigny en 1890.

  20. Canaux de Bourgogne, Alimentation en eau [S008]. Prise d'eau dans la Saône en 1897 ; usine hydroélectrique et pompes décidées le 3 juillet 1913 pour les trois derniers biefs du versant Saône.

  21. Canaux de Bourgogne [S007] ; Tonnerre Patrimoine [S040].

  22. Canaux de Bourgogne, Alimentation en eau [S008] : digue, évacuateur de crue, décharge de fond, tour de prise d'eau.

  23. Canaux de Bourgogne [S008]. Chazilly, Tillot, Grosbois et Cercey au-dessus du bief de partage ; rigoles vers les bassins de Pouilly ou d'Escommes, Tillot excepté.

  24. Canaux de Bourgogne [S008] ; DESAUNAIS 1928 [S012]. Pont-et-Massène : construit 1878–1883, digue d'environ 150 m, retenue de 20 m, longueur de retenue 5,6 km, volume estimé 5 à 5,23 millions de m³ ; usages canal, régulation, eau potable de Semur-en-Auxois, parc paysager. 2

  25. Wikipedia FR [S030]. Chiffres de source unique pour Chazilly, Cercey et Tillot.

  26. Wikipedia FR [S030] (8,6 millions de m³) contre Inventaire BFC, Réservoir de Grosbois IA21003859 [S068] (222 000 m³ pour le réservoir, 828 000 m³ pour le contre-réservoir). Divergence forte, non tranchée ici ; il faudrait recourir à l'inventaire Legros [S058] ou à BORDES, Les barrages-réservoirs, Presses ENPC, 2005 [S081].

  27. DESAUNAIS 1928 [S012] : 27 933 327 m³ pour les cinq réservoirs, environ 32 millions avec Pont-et-Massène.

  28. Inventaire BFC, Réservoir de Grosbois [S068]. Conception Bonnetat et Lacordaire ; chantier 1830–1838 ; digue de maçonnerie d'environ 550 m ; contreforts ajoutés en 1840 puis 1852.

  29. Inventaire BFC [S068]. Hauteur de retenue ramenée de 22,50 m à 19,50 m en 1895, à la suite de la rupture du barrage de Bouzey (Vosges) et de ses 87 morts.

  30. Inventaire BFC [S068] ; Canaux de Bourgogne [S008]. Contre-réservoir 1900–1905 (Galliot, Cléry) ; consolidations 1922–1924 et 1948.

  31. Inventaire BFC [S068] pour la rigole d'environ 14 km et le souterrain de Soussey ; Wikipedia FR [S030] et Structurae [S036] donnent 3 705 m pour ce souterrain.

  32. Inventaire BFC, Réservoir de Panthier, dossier IA21003862 [S082]. Situation à la rencontre de Vandenesse-en-Auxois, Créancey et Commarin ; caractère de retenue latérale sur un flanc de vallée. 2

  33. Inventaire BFC [S082] ; fiche technique VNF, Barrage-réservoir de Panthier [S084] : digue principale de plus de 1 100 m (1 130 m selon VNF), hauteur de retenue d'environ 14 m.

  34. Inventaire BFC [S082] : 8 050 000 m³ ; VNF [S084] : 7,57 millions de m³ à la cote de retenue normale 14,41 m pour 105 ha ; Wikipedia FR [S083] et [S030] : 9 millions de m³ et environ 130 ha. Divergence légère ; priorité donnée à l'inventaire et au gestionnaire.

  35. Inventaire BFC [S082]. Projet de Jean Bonnetat ; adjudication du 15 décembre 1830 à Claude Leblanc, entrepreneur à Arnay-le-Duc.

  36. VNF [S084] pour la construction du barrage principal en 1834–1836 ; Wikipedia FR, Lac de Panthier [S083] pour la mise en eau en 1836 ; Inventaire BFC [S082].

  37. Canaux de Bourgogne, Alimentation en eau [S008] : mise en service de Tillot, Cercey et Panthier dès 1835, de Grosbois et Chazilly en 1838.

  38. Inventaire BFC [S001] pour l'ouverture à la circulation du 2 janvier 1833 ; [S008] et [S036] pour l'échelonnement de la mise en service des réservoirs jusque vers 1840.

  39. Inventaire BFC [S082]. Projet d'agrandissement de 1852 resté sans suite.

  40. Inventaire BFC [S082] ; fiche Bazin [S085]. Projet du 10 décembre 1865, validé par l'ingénieur en chef Chenot en 1866.

  41. Inventaire BFC [S082] ; VNF [S084]. Exhaussement de la digue de 7,60 à 13,60 m ; digue de ceinture d'environ 1 200 m ; nouvelle rigole de remplissage ; réservoir vidé de 1870 à 1872 et remis en eau en 1873.

  42. BAZIN H., « Notice sur les travaux d'agrandissement du réservoir de Panthier », Annales des ponts et chaussées, 1880-2, p. 241–260 [S085], citée par l'inventaire [S082]. Notice non consultée en original ici.

  43. BAZIN H., « Note sur le service de touage à vapeur… Pouilly », Annales des ponts et chaussées, 1868 [S018] ; « Notice sur l'allongement des écluses… », 1885 [S019].

  44. Inventaire BFC [S082] : remplissage par le ruisseau de Panthier, rigole captant le Commarin et le réseau du Montoillot (prises d'Echannay, Volta ou Voina, Palloux, Semarey, Solle ; souterrain d'environ 258 m derrière le parc de Commarin) ; rigole des eaux excédentaires du bief de partage d'environ 3 038 m, projet Vérot du 14 octobre 1909, réalisée en 1910–1911. VNF [S084] parle d'« intercommunication d'Escommes » et retient 1911 : léger décalage d'année entre les deux sources.

  45. Inventaire BFC [S082] ; VNF [S084]. Livraison au canal par la rigole des Bordes (anciennement Esbordes), au bief 10 du versant Saône, à la halte fluviale de Vandenesse-en-Auxois.

  46. Wikipedia FR, Lac de Panthier, et notices POP associées [S083]. Le débouché se situe à la halte fluviale, non à l'écluse n° 10 dite « de la Mine ».

  47. VNF / Région Bourgogne-Franche-Comté, dossier de modernisation, mai 2026 [S086]. La part de 80 % de l'eau du versant Saône relève d'une communication institutionnelle, non d'un relevé technique publié : chiffre de source unique.

  48. Notices POP / inventaire [S083] : barrage IA21004580, maison de garde des années 1860 IA21004581, rigoles IA21004583 et IA21004584.

  49. Inventaire BFC [S082] pour la restauration des digues en 1909 (Vaillard, Galliot) ; Inventaire BFC, Tunnel de Pouilly [S002] pour la restauration du souterrain la même année (Dolfini, projet Hégly 1908).

  50. VNF [S084]. Confortements à partir de 1968 : traitement d'un glissement, drainage, enrochements 2005–2008.

  51. VNF / Région BFC [S086]. Chantier engagé en mai 2026, environ 15 millions d'euros : nouvel évacuateur de crues, travaux de digues, retour à la cote historique pour un volume visé d'environ 8,3 millions de m³.

  52. Canaux de Bourgogne [S004] et [S008].

  53. Canaux de Bourgogne, Alimentation en eau [S008].

  54. Canaux de Bourgogne [S008].

  55. Wikipedia FR [S030] et Structurae [S036] : 63,538 km de rigoles au total, dont 3 705 m de souterrain à Grosbois.

  56. Canaux de Bourgogne [S008] et [S007], d'après l'inventaire dressé vers 1860 par l'ingénieur Legros (ENPC ms. 460 [S058], non consulté ici) : 77 aqueducs dans un relevé, 82 dans un autre, 34 prises d'eau, 22 déchargeoirs.

  57. Canaux de Bourgogne [S004] et [S008]. Régulation des rivières, lissage des crues, débit plus régulier pour les usines riveraines.

  58. DESAUNAIS 1928 [S012]. 1921 : tirant d'eau abaissé à 0,413 m, environ trois mois d'arrêt, 169 095 tonnes transportées (35e rang national) ; apogée de 642 394 tonnes en 1913.

  59. Canaux de Bourgogne [S008]. Sept réservoirs supplémentaires envisagés des années 1870 aux années 1930, tous en Côte-d'Or, non construits ; agrandissement du Tillot étudié puis abandonné.

  60. Structurae [S036] ; Canaux de Bourgogne [S010] et [S006]. Forey retient en mars 1812 l'option Pouilly avec souterrain et réservoirs, après la proposition de souterrain formulée par Sutil en avril 1808.