Financement et institutions (sourcé)

Dualité Ancien Régime

  • 7 sept. 1773 : édit ordonnant l’ouverture.[S036]
  • 9 août 1774 : Trésor royal = versant Yonne (Laroche→Pouilly) ; États de Bourgogne = versant Saône (Pouilly→Saint-Jean-de-Losne).[S003][S036]
  • Devis Conseil du Roi 1er avril 1775 : 7 179 000 livres.[S036][S030]
  • Devis Abeille (1727) : ~8,16 M livres (Desaunais) ou 10 M (Structurae).[S012][S036] [DIV]

Dès 1779, les dépenses dépassent très largement les prévisions → concentration sur Dijon–SJDL.[S006][S021]

Exemple de coût unitaire : deux écluses + maisons (Saint-Père, Ouges–Bretenières) = 89 300 livres (1790).[S006][S052]

Empire

  • Décret 21 mars 1808 : vente de canaux achevés (Midi, Loing, Orléans, Centre, Saint-Quentin) pour financer les autres.[S036]
  • Taxe sur départements (1807) et loi 1810 (BFC).[S006]
  • Main-d’œuvre : décrets sur condamnés (1809) et prisonniers de guerre (1811) ; règlement Forey 1812 pour Espagnols sur le canal.[S036]

Plan Becquey / Restauration

  • Becquey (directeur général Ponts 1817–1830) : réseau national ; gabarit type 30,40 × 5,20 × 1,60.[S010][S032]
  • Capitaux privés + construction/exploitation par l’État (emprunt / soumission de prêt) plutôt que concession classique risquée.[S032][S016]
  • Compagnie Jonas Hagerman pour le Bourgogne ; jouissance / concession typiquement 50 ou 99 ans selon accords ; « risques des compagnies nuls » (Pinon, cité Babel).[S079][S045]
  • Critique contemporaine (1828, Lamé / Clapeyron / Flachat) : « l’État est le pire des constructeurs ».[S079]
  • En 1822 : déjà ~15 M francs dépensés pour seulement 48 écluses ; seule Dijon–SJDL ouverte.[S012]
  • Loi 14 août 1822 : 25 M francs empruntés à la compagnie Hagerman ; État garantit délais et porte les risques.[S036][S012][S064]
  • Loi 13 août 1839 : 8 M francs pour achever plusieurs canaux dont Bourgogne.[S036]

Après ouverture

  • Rachat des droits de la Compagnie du canal de Bourgogne (loi 21 janv. 1852) ; montant rachetable fixé à 6 M francs en 30 annuités (loi 3 mai 1853).[S012]
  • Allongement Freycinet des écluses : ~7,118 M francs (Desaunais).[S012]
  • Péages jugés excessifs malgré rentabilité dérisoire → contestation du modèle Becquey après 1830.[S010][S020]

Coût total (ordres de grandeur)

Pillet-Will (1837) — comptes des lois 1821–1822 [S064]

Comptabilité de l’emprunt Hagerman et charges associées (ordre de lecture) :

Poste Montant (fr.) Note
Emprunt 1822 25 000 000 Principal
Intérêts compensés versements 1822–1832 ~6 377 300 Sur 10 000 actions
Annuités 1 650 000 fr. (1833–1837) 8 250 000
+ intérêts composés 4 % ~783 520
Sous-total emprunt / intérêts / prime ~39 007 179
Allocations supplémentaires État 12 378 416 Achèvement selon devis Ponts
Charge globale (tableau récap.) jusqu’à ~53–68 M selon colonnes (intérêts composés inclus) Distinguer coût d’ouvrage vs charge Trésor

Autre ouvrage Pillet-Will / statistique (e-rara 5063030) [S061]

  • Dépense citée : 36 094 422 fr. pour 242,044 m — « l’un des canaux qui, proportionnellement, ont coûté le plus ».[S061]
  • Causes invoquées : alimentation du partage, nombreux ouvrages d’art, dégradations liées aux abandons répétés du chantier.[S061]

Règle éditoriale : toujours préciser quel agrégat (dépense d’ouvrage vs charge financière État) ; ne pas additionner naïvement les tableaux.

Citation d’époque

« Un projet aussi gigantesque et aussi ruineux que celui du canal de Bourgogne ne peut donc qu’effrayer tout entrepreneur sensé. »
— Notice pré-1821, citée [S004]