Colart Roussel

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nom: "Colart Roussel"
aliases: ["Thomas Reed", "le faux courrier anglais"]
role: déclencheur
statut: brouillon
premiere_apparition: "chapitre 00 (meurtre vu de loin)"
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Identité

  • Origine : sujet de Charles VII, région exacte à fixer
  • Fonction réelle : espion royal et secrétaire bilingue infiltré auprès de Harcourt
  • Fausse identité : Thomas Reed, courrier anglais
  • Langues : français, anglais, latin administratif

Mission

Colart gagne la confiance de l’entourage de Harcourt comme secrétaire bilingue. Frère Matthew établit la trame du dossier anglais à partir de relevés techniques ; Colart participe à sa mise au net et à ses corrections. Sa mission se limite à récupérer cette copie et à la remettre au réseau : il n’est ni le concepteur ni le chef du coup de main qui pourra en découler.

Dans les chiffres portés près de l’ancien passage de chantier, Colart laisse volontairement une mesure corrigée et un signe de reprise. L’anomalie paraît banale à un clerc ou à un soldat, mais indique à qui connaît la pierre que le parement visible dissimule un blocage intérieur mal lié. Colart transforme ainsi son travail imposé en renseignement destiné au camp royal.

Hugues lui a fait parvenir un vêtement dont Jehanne a préparé la doublure secrète sans connaître le destinataire. Colart y dissimule les feuillets avant sa fuite. Les hommes de Harcourt fouillent les poches et les coutures ordinaires, mais manquent cette cache ; Perrin reconnaît plus tard dans sa façon une technique propre au travail de Jehanne.

Il doit transmettre les documents à Jehanne lors d’un rendez-vous à La Lochère. Pour limiter les risques, Hugues ne lui a révélé ni la nature du renseignement, ni son support : elle sait seulement reconnaître Colart et rapporter ce qu’il lui confiera.

Jehanne arrive trop tard et assiste de loin à son interception. Colart est tué, mais ses poursuivants ne trouvent pas la cache contenant le dossier. Jehanne ignore l’existence de cette cache et du dossier ; elle sait seulement que le contact est mort avant d’avoir pu accomplir la remise.

Traces laissées sur le corps

Deux détails matériels, exposés publiquement à Créancey au chapitre 04, contredisent l’identité de Thomas Reed :

  • sa chemise est marquée à l’encolure de deux lettres brodées au fil rouge, C et R, que le clerc écarte en supposant un achat chez un fripier ;
  • un plomb de pèlerinage de Saint-Martin de Tours, usé, est cousu sous son col.

Perrin ne sait pas lire, mais il retient la forme des deux lettres et entend un vieux du bourg reconnaître le saint. Un garçon aux oies l’a par ailleurs vu vivant deux jours plus tôt, montant de Vandenesse et demandant en français la route de Pouilly — direction qui ne mène pas au gué.

Le corps est enterré contre le mur du cimetière de Créancey, sans messe, après une dispute entre le marguillier et un sergent.

Perrin, qui l'a fouillé, paie une messe pour lui à Vandenesse dès le chapitre 08 : c'est ce geste — inexplicable chez un homme de Baume pour un étranger — qui décide messire Aubert à parler. En octobre, avec l'argent du château, on le relève et on le remet en terre du bon côté, avec la messe entière, sous son nom : « Colart Roussel, mort sur nos chemins au mois d'août, du diocèse d'Orléans ».

Vérification physique du passage

Avant de sortir le dossier, Colart est allé lui-même dans le mur. Il a ouvert le haut du bouchon intérieur du cellier, rampé neuf pieds à plat ventre dans le vide laissé sous la voûte par le tassement du remblai, touché le bouchon extérieur, mesuré, tout refermé — puis gravé sa marque (deux traits obliques et un crochet) sur la face intérieure du parement extérieur, là où personne ne la verrait jamais sauf celui qui viendrait par le même chemin. Perrin la retrouve au chapitre 17 et met la sienne à côté (trois traits en pied-de-poule).

C'est la clef morale du livre : deux hommes du métier se parlent par des marques, à travers la mort et à travers l'illettrisme.

Fonction narrative

  • Son meurtre ouvre le roman ; son corps et les documents déclenchent ensuite l’enquête de Perrin.
  • Son double nom matérialise le thème des identités et fidélités.
  • Perrin reconstitue sa mission sans jamais pouvoir l’interroger.
  • Sa correction volontaire permet à Perrin de démasquer une fausse traduction de Matthew et rend son action décisive après sa mort.

Colart est une forme médiévale de Nicolas attestée au début du XVe siècle. Roussel est également un surnom/patronyme d’époque.