Château de Châteauneuf
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nom: "Château de Châteauneuf"
type: bâtiment
statut: brouillon
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À qui appartient la place — règle non négociable
Châteauneuf est une place ducale tenue par messire Guyot de Châteauneuf, vassal de Philippe le Bon. Les Anglais n’y tiennent rien.
| Qui | |
|---|---|
| Propriétaire et seigneur | Guyot de Châteauneuf |
| Garnison | Celle du seigneur, bourguignonne |
| Justice sur les habitants | Le seigneur, puis le bailli d’Auxois à Semur |
| Contrôle des accès et arrestations | Oudot de Blaisy, officier bourguignon, au nom du seigneur |
| Détachement anglais de Harcourt | Hôte en commission, par congé du duc ; campé à part |
Harcourt n’est pas capitaine de la place, ne commande pas la garnison, ne tient pas de prison de son autorité et n’ordonne rien à un sujet du duc. Il demande, il paie, il fait peur, et il obtient. Son projet d’y installer plus tard une garnison anglaise reste un projet, jamais un fait acquis. Voir ../monde/regles.md, ../monde/histoire.md et ../../recherches/presence-anglaise-bourgogne-1429.md.
Conséquence d’écriture : ne jamais décrire le château comme anglais, occupé, ou « tenu par les Anglais ». Le lecteur doit sentir une maison bourguignonne encombrée d’un allié qu’on n’ose pas renvoyer, pas une forteresse ennemie.
Description
Forteresse élevée à l’extrémité d’un éperon calcaire, vers 465–475 mètres d’altitude, environ cent mètres au-dessus de la plaine. Le site surveille la vallée de la Vandenesse et un carrefour naturel : vers Pouilly et les vallées de l’Armançon ou du Serein au nord-ouest, vers Sombernon et Dijon à l’est, vers Arnay, Autun et Beaune au sud.
Le château de 1429 ne correspond pas exactement à celui visible aujourd’hui. Le donjon et une partie des défenses médiévales sont déjà en place, mais les grands logis gothiques, les deux châtelets monumentaux et une part importante des remaniements conservés datent de Philippe Pot, après 1457.
Histoire jusqu’en 1429
Fondation au XIIe siècle
Entre 1150 et 1175, les seigneurs de Chaudenay établissent une place forte sur l’éperon. Il s’agit d’abord d’un poste secondaire destiné à couvrir les approches de leur château principal et à surveiller les routes de l’Auxois.
Après la mort du sire de Chaudenay, vers 1179–1181, son fils cadet Jean reçoit la forteresse. Il prend le nom de Jean Ier de Châteauneuf et fait du lieu le centre d’une nouvelle seigneurie. Le nom Castrum novum — le château neuf — distingue cette fondation du siège plus ancien de Chaudenay.
Construction du château de pierre au XIIIe siècle
Au début du XIIIe siècle, la forteresse prend une forme durable :
- une enceinte allongée épouse la pointe rocheuse ;
- l’espace se partage entre une cour basse et une cour haute, plus petite et située sur la partie élevée ;
- un donjon quadrangulaire domine l’ensemble ;
- une porte à pont-levis à bascule est installée dans une tour carrée ;
- les premières courtines utilisent de grands blocs dans leurs fondations.
Le donjon, appelé aujourd’hui tour des Châteauneuf, mesure environ 10 mètres sur 12 et atteint près de 25 mètres. Les études récentes le datent plutôt du début du XIIIe siècle, même si certaines présentations touristiques le rattachent encore à la seconde moitié du XIIe.
Une chapelle seigneuriale est fondée en 1281 sous Jean III de Châteauneuf et Guillemette de Villaines-lès-Prévôtes. La chapelle richement décorée que l’on visite aujourd’hui a toutefois été profondément reprise par Philippe Pot à la fin du XVe siècle.
À la fin du XIIIe siècle, deux tours circulaires renforcent la cour haute, l’une à l’angle sud, l’autre à l’angle est. Elles adaptent progressivement le château aux modèles défensifs alors répandus dans le royaume.
Renforcement aux XIVe et début du XVe siècles
La guerre de Cent Ans rend nécessaire un périmètre plus puissant. Les sources patrimoniales attribuent généralement au XIVe siècle les hautes courtines et l’enceinte flanquée de cinq tours. L’état actuel a cependant été largement repris après 1457 : en 1429, le château possède bien une enceinte forte et plusieurs tours, mais la forme exacte de chacune ne doit pas être copiée sans réserve depuis le monument moderne.
Le chemin de ronde est porté par des corbeaux visibles sur le parement intérieur de certaines courtines. Les archères, portes étroites, différences de niveau et escaliers donnent aux défenseurs plusieurs positions successives. Les fossés secs taillés dans le roc protègent surtout les côtés nord et est, tournés vers le village et le plateau ; au sud-ouest, la pente naturelle vers la vallée tient lieu d’obstacle.
La famille de Châteauneuf en 1429
La seigneurie appartient toujours au premier lignage de Châteauneuf. Guyot de Châteauneuf, époux d’Isabelle de Plancy, est le père de trois filles, dont Catherine, née en 1419 et future dernière héritière.
Des sources secondaires présentent Guyot comme un homme de guerre au service des ducs de Bourgogne entre 1412 et 1431. Sa présence exacte au château à la fin de l’été 1429 n’est pas documentée, mais son allégeance bourguignonne est cohérente avec le contexte du roman.
Après l’assassinat de Jean sans Peur en 1419 et le traité de Troyes de 1420, la Bourgogne de Philippe le Bon est alliée aux Anglais. En revanche, aucune source consultée n’atteste :
- une garnison anglaise à Châteauneuf en 1429 ;
- la présence d’Edmund Harcourt, personnage fictif ;
- une visite de Philippe le Bon au château cette année-là.
Ces trois éléments relèvent donc de la fiction locale du roman.
Architecture vraisemblable en 1429
Implantation et défenses
Le château forme un vaisseau de pierre étroit posé dans la longueur de l’éperon. Les études donnent des dimensions différentes selon le périmètre considéré : environ 75 × 35 mètres pour la forteresse visible, jusqu’à près de 130 × 30 mètres pour l’ensemble médiéval restitué avec ses cours et prolongements.
- Nord et est : fossés secs creusés dans le roc, face aux approches les plus commodes.
- Sud et sud-ouest : pente raide, terrasses et vue dégagée sur la vallée.
- Courtines : murs élevés reliant les tours, avec chemin de ronde intérieur.
- Ancienne porterie : tour carrée munie d’un pont-levis à bascule et protégée par des archères.
- Donjon : dernier réduit, point de domination et symbole seigneurial plus que logement confortable.
- Tours circulaires : flanquement des angles et surveillance du pied des murs.
Les châtelets monumentaux à doubles tours, les grandes canonnières et la porte sud-est aménagée pour Philippe Pot ne doivent pas apparaître sous leur forme actuelle en 1429.
Cour haute et cour basse
La cour haute regroupe le donjon, la chapelle et les espaces les plus directement associés au seigneur. Elle est plus resserrée, mieux défendue et située légèrement au-dessus du reste.
La cour basse reçoit les activités nécessaires au fonctionnement quotidien : circulation des chevaux, livraisons, bois, tonneaux, volailles, ateliers temporaires et logements de service. Le passage constant des domestiques, hommes d’armes et artisans en fait un lieu où chacun peut voir sans paraître observer.
La séparation entre les deux cours n’a pas besoin d’être un mur complet en 1429 ; elle peut se lire dans les différences de niveau, les bâtiments et les contrôles d’accès.
Logis antérieur à Philippe Pot
Les grands bâtiments résidentiels actuels datent surtout des années 1460–1480. Ils sont absents du roman. Des reprises de maçonnerie laissent néanmoins supposer l’existence d’un logis seigneurial plus ancien avant Philippe Pot.
Pour 1429, le roman retient un bâtiment plus simple adossé à une courtine, comprenant :
- une salle où le seigneur rend justice, reçoit et mange ;
- une chambre seigneuriale avec cheminée ;
- une petite chambre ou garde-robe ;
- un espace de travail pour clercs, comptes, lettres et sceaux ;
- une cuisine séparée ou placée au niveau bas afin de contenir fumée et incendie.
Cette restitution est vraisemblable mais non documentée pièce par pièce. Les cheminées monumentales, lucarnes flamboyantes, grandes fenêtres à coussièges et escaliers raffinés visibles aujourd’hui appartiennent surtout aux campagnes postérieures.
Chapelle
Une chapelle existe depuis 1281. En 1429, elle peut accueillir les offices du seigneur, de sa famille et d’une partie de la maisonnée. Elle reste plus sobre que la chapelle de Philippe Pot consacrée en 1481 :
- autel et coffre liturgique ;
- éclairage étroit ;
- enduits ou peintures simples possibles ;
- tribune ou séparation seigneuriale à ne pas détailler sans source.
Les peintures fastueuses, boiseries et emblèmes de Philippe Pot sont anachroniques.
Eau, feu et ravitaillement
Une forteresse isolée doit conserver de l’eau et des vivres. Le château actuel possède un puits, mais son état précis en 1429 n’est pas établi. Le roman peut employer un ancien puits ou une citerne, sans en faire un élément architectural attesté.
Les réserves sont réparties entre celliers, greniers, tonneaux et pièces basses. La cuisine, les cheminées et les bassins de braises créent une odeur constante de fumée (éviter « brasero », mot venu de l’espagnol au XVIIIe siècle). Les toitures, planchers, cloisons et stocks de paille rendent le feu aussi dangereux qu’un assaut.
Habitants et rythme quotidien
En temps ordinaire, le château n’abrite pas une armée nombreuse. Sa population rassemble :
- la famille seigneuriale et quelques proches ;
- un prévôt, receveur ou clerc ;
- chapelain et domestiques ;
- portier, guetteurs et petite garnison ;
- palefreniers, cuisiniers, servantes et ouvriers de passage.
L’arrivée du détachement de Harcourt surcharge donc les cours, les couchages et les réserves. Les hommes anglais et bourguignons se mêlent à la maisonnée sans lui appartenir, ce qui nourrit les conflits de préséance et multiplie les témoins.
Le logement dit le rapport de force (fixé au ch. 09) : les hommes d’armes anglais campent sous des toiles contre la courtine du nord, les Bourguignons couchent dans les écuries, et les deux troupes ne se mêlent pas. Guyot n’a pas pu fermer sa porte au détachement, mais il ne lui a pas donné ses tours et il lui fait acheter son pain. Un carrier de Pouilly y voit la façon exacte dont on laisse entrer quelqu’un chez soi pour vingt ans.
Espaces utiles à l’intrigue
- Ancienne porterie : contrôle des entrées, fouille des ouvriers et tension du pont-levis.
- Chemin de ronde : surveillance des routes, vent, relèves et angles morts.
- Donjon : symbole du pouvoir de Guyot ; Harcourt peut y exiger une entrevue, mais pas y installer tout son dispositif.
- Logis ancien : salle de conseil, clercs, lettres, sceaux et listes de suspects.
- Cour basse : chantier, livraisons, chevaux, regards croisés et rumeurs des servants.
- Cuisine / cellier : circulation des domestiques et nouvelles entendues indirectement.
- Chapelle : présence d’un chapelain, conversations à voix basse et contraste entre piété et violence.
- Pièce basse fictionnelle : ancien cellier ou magasin réquisitionné pour enfermer Jehanne et d’autres captifs ; ce n’est pas une prison historiquement attestée.
- Courtine sud-ouest : portion ancienne dominant la pente, retenue pour le passage de chantier muré.
- Passage de chantier muré : ouverture fictionnelle utilisée autrefois pour monter pierres et matériaux lors d’une campagne de fortification, condamnée ensuite derrière un parement.
Le passage se situe hors des fossés principaux du nord et de l’est. Son accès extérieur impose une montée raide et discrète depuis la vallée ; à l’intérieur, il débouche près de la cour basse et de la pièce de détention. Cette position rend le coup de main possible sans transformer la faiblesse en porte secrète commode.
Cotes fixées à la rédaction (chapitres 15 à 19)
À garder cohérentes en révision ; toutes fictionnelles.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Cellier du couchant | Boyau voûté adossé à la courtine, 4 pas de large sur 18 de long, sol une toise plus bas que la cour basse, enduit gris rose sur la moitié de la hauteur |
| Porte du fond du cellier | Donne dans la salle basse de la tour du couchant, où couche le geôlier |
| Trou à paille | Trou carré d’un pied et demi dans le sol du cellier, garni de pierre, tampon de bois chargé d’un pavé ; débouche en haut de la salle basse contre la grille de la première fosse |
| Arc du passage de bâtisse | Arc surbaissé en pierre de taille, naissance à 2 pieds du sol du cellier, clef à 9 pieds 3, largeur entre jambages 10 pieds 6 |
| Position | 22 pieds 4 pouces depuis l’angle intérieur de la tour du couchant |
| Remplissage | Terre et pierraille tassées aux deux tiers ; vide plat de 2 pieds et demi sous la voûte, sur 9 pieds de longueur |
| Épaisseur du bouchon extérieur | 2 pieds et demi, contre une courtine donnée pour 12 pieds par les mesureurs anglais (chiffre barré par Colart) |
| Fossé de ce côté | Sec, moins de 3 toises, plein de ronces ; fond 3 pieds sous le sol du cellier — le milieu du panneau est donc à 6 pieds au-dessus du fond |
| Repère extérieur | Panneau de parement plus clair, 4 à 5 toises de large, assises mal raccordées, visible du bas de Vandenesse quand la lumière vient de côté |
| Voie des carriers | Banquette de rocher large d’un homme en travers du versant, ancienne voie de charroi ; prolongée par un ravinement de 2 à 3 pieds de profondeur menant au fossé |
| Angle mort | Le fruit du mur et la saillie de la tour (une toise et demie) dérobent le pied de la courtine à qui regarde du chemin de ronde |
| Guet de nuit | 4 sur les murs, 2 à la porterie, 1 au donjon ; relèves au soir, au milieu de la nuit et avant le jour ; les torches se distribuent au pied de la tour du couchant, ce qui vide la courtine du couchant le temps d’un Miserere |
| Parapet de la porterie | Au-dessus du passage d’entrée, gargouille rompue depuis vingt ans, blocage lavé, rejointoyé à neuf : l’ouvrage qui fait la réputation de Perrin devant le duc |
Fonction narrative
Lieu du dernier acte, et siège de l’autorité dont Harcourt se sert sans la détenir. La venue fictionnelle de Philippe le Bon entraîne une inspection des défenses anciennes et des réparations urgentes. Perrin entre comme tailleur de pierre parce que les maçonneries des XIIIe et XIVe siècles exigent des reprises que les hommes de Harcourt ne savent pas évaluer seuls.
Son avantage vient de la lecture matérielle du château :
- différences de taille entre deux campagnes de pierre ;
- joints repris, tassements et fissures ;
- bruit creux d’un ancien bouchage ;
- circulation de l’eau dans le mur ;
- façade saine dissimulant une maçonnerie intérieure plus faible.
Il fragilise le passage sous l’apparence d’une consolidation, transmet le point où exercer la poussée, puis l’ouvre au groupe royal qui libère les prisonniers.
Le château ne tombe pas parce qu’il serait mal construit. Il est surpris parce qu’un artisan local comprend une faiblesse ancienne, que Harcourt sous-estime son savoir et que le groupe de Raoul refuse de s’attarder après avoir atteint ses objectifs.
Personnages liés
| Personnage | Lien |
|---|---|
| Guyot de Châteauneuf | Seigneur et maître de la place ; allégeance bourguignonne, présence exacte en 1429 à vérifier |
| Perrin | Tailleur engagé pour les réparations |
| Jehanne | Prisonnière dans une salle basse |
| Harcourt | Hôte en commission ; fait travailler ses clercs dans la salle du logis qu’on lui prête, sa retenue campe sous toiles |
| Oudot | Contrôle les accès, les domestiques et le chantier |
| Matthew | Travaille auprès des lettres, comptes et inventaires |
| Clercs, sergents, femmes de chambre | Réseau d’oreilles |
En 1429, la forteresse appartient encore à la lignée des Châteauneuf. Philippe Pot n’arrive qu’en 1456–1457. Guyot de Châteauneuf, père de Catherine, est retenu provisoirement comme seigneur historique ; ses actes précis restent à documenter.
Le passage de chantier, la salle de détention et la distribution précise du logis ancien sont des éléments fictionnels à rendre compatibles avec l’architecture générale, sans les présenter comme des éléments attestés du château réel.
Ne pas employer en 1429 :
- les deux grands logis de Philippe Pot ;
- les châtelets monumentaux dans leur forme de la fin du XVe siècle ;
- les canonnières et décors attribués aux campagnes postérieures ;
- la devise « Tant L Vault », liée à Philippe Pot ;
- le tombeau, les peintures et les boiseries tardives de la chapelle ;
- les jardins touristiques actuels.
Sources consultées
- Le château de Châteauneuf : origines, évolution et réutilisation — Bulletin du Centre d’études médiévales d’Auxerre
- Château fort — Inventaire du patrimoine de Bourgogne-Franche-Comté
- Histoire du château — Région Bourgogne-Franche-Comté
- Découvrir le château — Région Bourgogne-Franche-Comté
- Châteauneuf-en-Auxois — Bourgogne médiévale
- Le Château de Châteauneuf-en-Auxois — Centre des monuments nationaux