Apparence
Créancey
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nom: "Créancey"
type: village
statut: brouillon
---Description
Village ancien de l’Auxois, proche de Baume et traversé par le réseau hydrographique de la Vandenesse. Le territoire communal actuel s’étage d’environ 370 à 550 mètres. Le village lui-même est fortement en pente, mais il n’occupe que le premier tiers du versant entre le fond humide et le sommet du plateau qui le domine au nord et au nord-est.
Un village étagé
Créancey ne se présente pas comme un noyau posé sur un terrain plat. Ses maisons, cours et chemins occupent plusieurs niveaux :
- en bas, la Vandenesse, les prés humides, les passages d’eau, les moulins plausibles et le centre seigneurial ;
- dans le premier tiers du versant, les habitations, jardins, granges et chemins transversaux ;
- en haut du village, l’église, les dernières maisons et le départ du chemin presque horizontal vers Baume ;
- au-dessus des maisons, les deux tiers supérieurs du coteau restent à gravir avant d’atteindre le plateau.
Monter à Créancey signifie changer rapidement de sol et d’atmosphère : boue et eau froide dans le bas, pierre affleurante et souffle du vent dans les rues hautes. Le plateau reste cependant nettement au-dessus du village. Les charrois empruntent des pentes plus longues ; les piétons utilisent des raccourcis raides, des marches de terre et des passages entre murs.
Le chemin du haut vers Baume
Depuis le haut de Créancey — à environ un tiers de la hauteur totale du versant — un chemin part entre les champs et rejoint Baume presque à l’horizontale. Son nom de « chemin du haut » vient de sa position au-dessus du fond de vallée et des maisons basses, non d’un passage sur le sommet du plateau.
Ce chemin de hauteur est distinct du trajet par le fond :
- par le bas, on suit l’eau et les terres humides entre les deux localités ;
- par le chemin du haut, on suit une courbe de niveau entre les champs, depuis les dernières maisons de Créancey jusqu’à une hauteur comparable à Baume.
Ce passage est plus direct pour un marcheur qui connaît les sentes, surtout lorsque le fond est boueux. Il évite une montée inutile jusqu’au plateau, mais reste exposé aux regards à travers les terres cultivées. Des murets, haies, lisières et légers plis du terrain offrent des couverts intermittents, jamais une dissimulation continue.
Les chemins du plateau
Un second itinéraire monte du haut de Créancey jusqu’au sommet du plateau par un chemin en lacets. Depuis les dernières maisons, il reste environ deux fois le dénivelé déjà gravi depuis le fond du village. La pente et les virages ralentissent les hommes, les bêtes et les charrois.
Une fois le plateau atteint, un voyageur peut progresser sur les terres hautes, puis redescendre vers Baume par un autre chemin en lacets taillé dans le versant. Cet itinéraire forme donc trois séquences distinctes :
- montée de Créancey au plateau ;
- traversée des hauteurs ;
- descente du plateau vers Baume.
Il est beaucoup plus exigeant que le chemin du haut presque horizontal. Il offre en revanche d’autres vues, d’autres approches des Roches et la possibilité d’éviter les champs situés entre les deux villages.
La source mentionne une ancienne voie d’Autun à Sombernon qui passait par Créancey et gravissait le coteau en lacets. Le tracé précis des chemins médiévaux vers Baume n’est toutefois pas attesté : le roman conserve des itinéraires fondés sur le relief, pas sur les routes actuelles.
Pouvoir et bâtiments en 1429
En 1429, le centre seigneurial pertinent est la maison forte du meix de Saint-Bazille, entourée de fossés et défendue par deux tours rondes — non le château moderne, construit au XVIIe siècle. Dans le roman, elle occupe la partie basse ou intermédiaire, assez près de l’eau et des terres exploitées pour contrôler les passages sans occuper le sommet du coteau.
Le manuscrit lui donne une petite salle de service ouvrant à la fois sur la cour et sur un passage plus discret vers jardin, fossé ou verger. Cette double issue ne relève pas d’un élément attesté : c’est un détail fictionnel vraisemblable, utile au double jeu public et clandestin de Hugues.
L’église conserve des éléments médiévaux, mais son aspect actuel résulte de transformations postérieures. Église, exploitations agricoles, circulation locale et présence d’agents seigneuriaux font de Créancey un lieu plus exposé que Baume.
Une vieille tour carrée est signalée au sommet du coteau dans les traditions et sources secondaires. Elle aurait dominé les deux vallées et surveillé une voie ancienne. Son état exact en 1429 reste à fixer avant de l’utiliser dans une scène.
Matière et sensations
- Bas du village : eau, fossés, prés lourds, roues et sabots qui creusent la boue.
- Pentes : souffle court, pierres roulantes, murs qui masquent puis dévoilent brusquement la vue.
- Haut du village : chemins plus secs, odeur de chaume et vue latérale vers Baume, mais le rebord du plateau domine encore nettement les maisons.
- Lacets du plateau : souffle court, virages qui masquent ce qui vient d’en haut, pierres descellées et longues vues dès que l’on approche de la crête.
- De nuit : les bruits montent depuis le fond, tandis qu’une lanterne placée sur la hauteur porte loin.
- Par temps de pluie : le ruissellement descend dans les passages et transforme les raccourcis en coulées glissantes.
Fonction narrative
Premier élargissement de l’enquête. Perrin y rencontre le pouvoir administratif et militaire : sergents, clerc, marchand ou officier chargé des passages.
La maison forte est le centre secret du réseau favorable à Charles VII. Son détenteur fictif, Hugues de Créancey, affiche publiquement sa soumission à l’ordre bourguignon.
Elle peut aussi accueillir officiellement un relais de courriers ou un petit détachement anglo-bourguignon, créant un dangereux voisinage entre façade publique et activité clandestine.
Sa distribution permet des scènes de seuil et de bascule : ce qui entre par la porte de cour se dit devant les témoins ; ce qui sort par la porte latérale ne laisse souvent qu’un bruit de pas dans les pierres.
La pente permet d’organiser la surveillance par niveaux :
- les hommes d’Oudot peuvent contrôler les passages du bas sans voir tous les départs de sentes ;
- un guetteur placé au haut du village distingue les arrivées du fond et du chemin horizontal, mais pas tout ce qui circule sur le plateau ;
- Jehanne peut entrer par le chemin du haut depuis Baume, déposer ou recevoir un message, puis repartir par le fond ;
- un poursuivant peut tenter de la devancer en prenant les lacets du plateau et en redescendant sur Baume ;
- Perrin peut lire dans la boue et les pierres si quelqu’un a pris le chemin raide plutôt que le passage ordinaire.
Le chemin supérieur relie concrètement les deux pôles du réseau : les caches des Roches de Baume et la maison forte de Hugues à Créancey. Il ne doit cependant pas devenir une voie secrète sûre ; Oudot, qui connaît le pays, peut finir par le faire surveiller.
Personnages liés
| Personnage | Lien |
|---|---|
| Perrin | S’y rend pour identifier la victime |
| Jehanne | S’y rend sous couvert de travaux et livraisons |
| Hugues de Créancey | Détenteur fictif de la maison forte / chef du réseau |
Notes
- Maison forte attestée en 1354, léguée à Ponce de Châteauneuf et dépendante de la baronnie de Charny
- Détenteur de 1429 non identifié dans les sources consultées : Hugues est explicitement fictif
- Bannir tout élément lié au canal, à l’autoroute et au château du XVIIe siècle
- Le chemin du haut relie horizontalement les parties hautes des deux villages sans atteindre le plateau
- La montée de Créancey au plateau et la descente du plateau vers Baume sont deux chemins en lacets distincts
- Le tracé médiéval exact de ces trois chemins n’est pas attesté
- Ne pas utiliser la vieille tour carrée avant d’avoir fixé son état en 1429