Apparence
Résumé de l’intrigue
Statut : structure consolidée ; détails de scène à fixer lors de la rédaction.
Synopsis court
À la fin de l’été 1429, Jehanne, retenue par son père autoritaire, arrive trop tard à un rendez-vous près de La Lochère : cachée, elle voit les hommes de Harcourt tuer Colart Roussel, un contact royal qui devait lui remettre ou lui communiquer quelque chose dont elle ignore la nature, puis s’enfuit avertir le réseau de l’échec. Le lendemain, Perrin, tailleur de pierre de Baume, trouve le corps et les feuillets que les meurtriers n’ont pas découverts. Ces papiers détaillent les défenses de Châteauneuf, mais il ne sait pas les lire. D’abord neutre, Perrin découvre que sa promise Jehanne appartient au réseau royal que traque le capitaine anglais Edmund Harcourt. Le père de Jehanne livre leurs habitudes à Oudot et provoque la capture de sa fille. Peu après, Perrin rejoint les partisans du roi, sabote les défenses du château et ouvre un passage à un coup de main français qui libère les prisonniers.
Principe moteur
Le héros n’est pas espion au début. Son avantage est son savoir du pays : pierre, carrières, sources, chemins, habitudes des habitants. La violence des occupants transforme ce savoir professionnel en arme au service du réseau royal.
Perrin déchiffre très mal le français et pas du tout l’anglais. Les documents ne livrent d’abord que des signes matériels : dessin des tours, nombres, marques, mesures. La recherche d’un traducteur sûr devient une partie de l’enquête.
Les documents anglais
Colart Roussel, sous l’identité de Thomas Reed, a participé avec frère Matthew Cole à la mise au net d’un dossier militaire anglais établi sur ordre de Harcourt, puis a récupéré et emporté une copie :
- état approximatif de la garnison ;
- tours, courtines et portes ;
- tours de garde ;
- réserves et points faibles ;
- chemins d’approche et lieux où installer des hommes.
Le dossier est en anglais, possiblement mêlé de termes français ou latins. Ce choix est plausible mais doit être présenté comme la pratique particulière de ses auteurs, car les administrations du XVe siècle utilisent aussi largement le français et le latin.
Près de la mention de l’ancien passage muré, Colart a laissé une mesure corrigée et un signe de reprise qui signalent discrètement une faiblesse derrière le parement. Il dissimule les feuillets dans la doublure secrète d’un vêtement préparé par Jehanne sans qu’elle connaisse son destinataire. L’espion royal, capable de passer pour anglais, devait remettre ces documents au réseau de Hugues de Créancey. Le contre-espionnage de Harcourt l’intercepte et le tue à La Lochère, mais ne trouve pas la cache, découverte ensuite par Perrin.
Chaque localité fournit une pièce différente :
| Lieu | Fonction dans l’enquête |
|---|---|
| Baume | Origine du héros, roches, source de la Vandenesse, premier secret local |
| Créancey | Marché, autorité locale, maison forte et relais d’informations |
| La Lochère | Lieu du crime ou de la découverte ; passage sur la rivière |
| Vandenesse | Village affranchi en 1419 mais lié aux seigneurs de Châteauneuf ; nœud de témoignages |
| Châteauneuf | Centre militaire et politique ; vérité finale derrière les murs |
Résumé développé provisoire
- Le meurtre de La Lochère : son père Martin la retient pour achever une réparation destinée aux hommes d’Oudot. Jehanne arrive donc trop tard au rendez-vous où Colart doit lui remettre ou lui communiquer quelque chose dont elle ignore la nature. Cachée, elle le voit mourir sans se dévoiler ; convaincue que la mission a échoué avec lui, elle s’enfuit avertir le réseau dans une cache des Roches de Baume, près des ruines que le hameau nomme la vieille abbaye.
- Le mort de La Lochère : le lendemain, Perrin découvre le corps. Il dissimule les papiers trouvés sur lui.
- Les signes sans les mots : dessins et nombres évoquent une construction ; son métier lui fait reconnaître Châteauneuf avant qu’il comprenne le texte.
- Le silence de Baume : une fouille atteint les ruines de la vieille abbaye et les porches les plus visibles. Elle révèle que les militaires cherchent un dossier disparu ; Perrin comprend qu’il met Jehanne en danger et lui avoue avoir trouvé les feuillets. Il ignore qu’elle attendait Colart. Jehanne comprend la nature probable de la remise et avertit discrètement Hugues.
- Créancey : Perrin cherche l’identité du mort et trompe frère Matthew Cole, chapelain et clerc du détachement anglais, pour obtenir la traduction de courts fragments. Il conserve toujours les originaux ; Matthew transcrit et traduit en sa présence des éléments isolés et désordonnés. Le clerc a rédigé la trame du dossier avant la dernière correction de Colart et ne le reconnaît pas encore.
- La traque anglaise : le détachement de Harcourt est déjà déployé dans la vallée ; le capitaine arrive personnellement à Créancey pour reprendre la recherche du dossier. Ses hommes fouillent les villages, interrogent les habitants et resserrent leur surveillance autour de Baume et Créancey.
- Vandenesse : le chapelain Aubert révèle à Perrin la mission de Colart et la finalité royale du dossier.
- La visite du duc : Philippe le Bon vient brièvement inspecter Châteauneuf. Perrin, connu dans les environs comme un excellent tailleur, est appelé parmi les artisans locaux et identifie un défaut négligé par les officiers. Impressionné, le duc ordonne publiquement qu’on l’emploie aux réparations urgentes, puis repart en laissant Harcourt renforcer la place.
- La révélation : Perrin découvre que le réseau dirigé par Hugues de Créancey attendait le courrier. Sa promise Jehanne, discrète agente de liaison, organisait le rendez-vous. Leur confiance se brise.
- La dénonciation et les violences : Martin Foucherot livre à Oudot les déplacements de Jehanne, les questions de Perrin et le nom de Hugues. Lors des rafles, Jehanne attire les poursuivants loin d’Aubert, venu relever un message, et lui permet de préparer le contact avec Raoul. Elle est capturée avec un guetteur de Créancey, puis frappée et menacée de torture dans une salle basse de Châteauneuf ; aucune violence sexuelle. Martin est ensuite enfermé comme complice possible et moyen de pression.
- Le choix du roi : peu après la capture de Jehanne, Perrin dépasse sa blessure, abandonne sa neutralité et rejoint les partisans de Charles VII. Il montre l’ensemble du dossier à Hugues et Raoul tout en restant le gardien des originaux.
- Le chantier : Hugues exploite l’ordre public du duc pour faire admettre Perrin aux réparations urgentes. Dans l’enceinte, le tailleur constate que la maçonnerie confirme la correction ajoutée par Colart. Contraint de voir une proposition presque entière, Matthew reconnaît enfin le dossier volé.
- Le sabotage : Matthew traduit volontairement le terme décisif comme si le mur était plein et solidement lié. Perrin démasque ce mensonge grâce au comportement de la pierre et comprend l’intention posthume de Colart. Sous couvert de consolider l’ancien passage, il descelle les pierres maîtresses et prépare une ouverture depuis l’extérieur. Matthew avertit Oudot à mots couverts ; l’inspection ne trouve ni les originaux ni la faiblesse cachée, et Perrin repart sous la protection de l’ordre du duc avant l’accusation explicite.
- Le coup de main : les 10 à 15 hommes de Raoul de Mussy entrent par le passage fragilisé. Perrin profite de l’assaut pour atteindre la salle basse et libérer Jehanne, Martin et le guetteur.
- La chute de Harcourt : le capitaine est capturé vivant ; Oudot est neutralisé et ses auxiliaires se dispersent. Les 10 à 15 hommes du groupe royal se retirent avec les prisonniers après avoir détruit les moyens de répression, sans occuper durablement le château.
- Fin heureuse : Perrin et Jehanne reviennent vivants. Le réseau est sauvé ; Perrin choisit d’y rester occasionnellement. Les fiancés renouvellent leur promesse en se reconnaissant enfin comme partenaires égaux.
Enjeux centraux
- Libérer Jehanne et les autres prisonniers
- Permettre au réseau royal de frapper la garnison sans déclencher un long siège
- Mettre fin aux violences de Harcourt et de ses auxiliaires
- Contrôle du dossier anglais sur les défenses du château
- Transformation de Perrin : neutre prudent → témoin révolté → partisan royal
Romance
Perrin et Jehanne sont promis l’un à l’autre avant le début du roman. Perrin aime sa douceur apparente et croit la connaître ; Jehanne l’aime mais lui cache son engagement, persuadée de le protéger et craignant sa neutralité.
La révélation du réseau crée une rupture intime au moment même où le danger les sépare physiquement. Le sauvetage ne restaure pas automatiquement la confiance : ils doivent reconnaître leurs erreurs — Perrin l’a sous-estimée, Jehanne a décidé seule de ce qu’il pouvait supporter.
La fin réunit amour et engagement politique. Ils maintiennent leur projet de mariage, désormais fondé sur une vérité partagée. La romance reste discrète et sans scène sexuelle.
Fin retenue
Perrin choisit clairement le camp de Charles VII. Il ne répare pas la faiblesse : il l’aggrave avec précision, en conservant une apparence de solidité jusqu’au soir du coup de main.
Le petit groupe royal ne cherche pas à conquérir durablement Châteauneuf — ce qui créerait un écart historique majeur — mais à pénétrer la place, libérer les prisonniers, neutraliser Harcourt et détruire son dispositif de contre-espionnage. Perrin ouvre le passage et rejoint Jehanne ; ensemble, ils libèrent Martin et le guetteur pendant l’attaque.
La fin est positive : Harcourt est capturé et emmené, les prisonniers sont libres, le réseau local survit et les Français se retirent avant l’arrivée de renforts. Perrin et Jehanne rentrent à Baume, renouvellent leur promesse de mariage et servent occasionnellement le réseau tout en reprenant leur vie.