Apparence
Baume
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nom: "Baume"
type: hameau
statut: brouillon
---Description
Petit hameau dépendant de Créancey, situé au nord-est du village principal, à la tête d’un vallon profond entaillé dans les plateaux calcaires de l’Auxois. Baume occupe le bas habitable : l’eau y reparaît, tandis que les hauteurs sont plus sèches, plus ventées et moins riches en sources.
Relief
Le vallon est encadré par deux hauteurs calcaires, mais il est asymétrique :
- au nord-ouest, les Roches de Baume forment le rebord le plus spectaculaire, un coteau très escarpé long d’environ deux kilomètres, avec falaises et corniches situées entre 450 et 530 mètres d’altitude ;
- en face, le flanc oriental remonte lui aussi vers un plateau, avec des pentes moins continûment abruptes, des champs, des bois et des passages permettant de sortir du fond de vallée.
La source de la Jeute se trouve vers 440 mètres d’altitude, environ 800 mètres en amont du hameau. Elle est d’origine karstique : l’eau infiltrée dans le plateau calcaire ressort au pied de la falaise, froide et chargée de calcaire. La Vandenesse naît là, traverse le secteur de Baume puis s’écoule globalement du nord-ouest vers le sud-est.
Les calcaires bajociens forment des plateaux presque horizontaux que les cours d’eau ont entaillés. Ce relief explique à la fois les falaises, les abris sous roche, la rareté de l’eau sur les hauteurs et l’implantation du hameau près des sources.
La vieille abbaye — fiction issue d’une tradition locale
Deux pitons détachés de la falaise sont appelés les Deux Moines ou les Moines en Prière. Une tradition locale rapporte qu’un mystérieux monastère aurait autrefois existé à cet endroit. Aucune source historique publique consultée ne confirme toutefois une abbaye à Baume ; il ne faut pas la confondre avec l’abbaye de Baume-les-Messieurs, située dans le Jura.
Le roman transforme prudemment cette tradition en fiction locale : sur un replat au pied des roches subsistent les restes d’une petite maison religieuse, que les habitants nomment « la vieille abbaye » sans savoir si elle eut réellement un abbé. En 1429, elle est abandonnée depuis plusieurs générations. Il en reste :
- des fondations mangées par l’herbe ;
- un pan de mur tourné vers le vallon ;
- une petite pièce encore partiellement couverte, utilisée selon les saisons par les bergers ;
- des pierres taillées remployées dans les maisons du hameau ;
- une sente montant vers les Deux Moines et les premiers abris sous roche.
La chapelle Saint-Gervais, au cœur de Baume, est un édifice distinct et vivant. Les ruines ne doivent donc pas remplacer la chapelle ni faire croire à la présence d’une grande communauté monastique attestée.
Les habitants attribuent aux ruines des histoires contradictoires : ancienne abbaye détruite par la guerre, ermitage frappé par l’orage, retraite d’une dame criminelle ou demeure de moines changés en pierre. Cette incertitude permet à Perrin de connaître chaque mur sans pouvoir séparer entièrement le fait de la légende.
Grottes et abris
Les Roches de Baume comprennent de nombreuses cavités réparties sur plusieurs niveaux :
- des porches et abris peu profonds, visibles depuis le vallon ;
- des grottes intermédiaires sèches mais difficiles d’accès ;
- des ouvertures basses où l’eau peut revenir pendant les périodes humides ;
- quelques réseaux plus longs, étroits et concrétionnés, dont l’étendue ne peut être connue précisément par les personnages.
Des recherches archéologiques modernes montrent que certains abris voisins ont été occupés jusqu’au Moyen Âge. Leur réutilisation ponctuelle en 1429 est donc vraisemblable. En revanche, les grottes ne forment pas un passage secret continu sous le plateau et ne permettent pas de rejoindre magiquement Créancey ou Panthier.
Chemins et horizons
Deux logiques de déplacement se croisent autour de Baume :
- par le bas, un chemin peut suivre l’eau et le vallon vers le secteur de Créancey et de La Lochère, puis vers Vandenesse-en-Auxois ;
- à flanc de versant, le « chemin du haut » relie presque horizontalement le haut de Baume au haut de Créancey, à environ un tiers de la hauteur du plateau ;
- par le plateau, un chemin en lacets monte depuis Créancey jusqu’à la crête, traverse les terres hautes, puis un second chemin en lacets redescend vers Baume.
Le chemin du haut évite le fond boueux sans imposer l’ascension complète du plateau. L’itinéraire par la crête demande beaucoup plus d’effort et de dénivelé, mais permet d’aborder les Roches depuis le dessus. Les cartes modernes confirment la continuité du relief entre Baume, Créancey et Panthier, pas le tracé exact de chemins médiévaux. Pour 1429, ces trois passages restent des reconstructions fictionnelles vraisemblables.
Panthier désigne ici une direction et un hameau, jamais le réservoir actuel, créé au XIXe siècle.
Vers Dijon
Il est géographiquement possible de rejoindre Dijon en restant pour l’essentiel dans des couloirs de vallée, mais il faut distinguer deux séquences :
- depuis Baume, la Vandenesse descend sur environ 18 kilomètres vers Vandenesse-en-Auxois et rejoint l’Ouche à Pont-d’Ouche ;
- l’Ouche poursuit ensuite son cours vers le nord-est dans une vallée encaissée qui mène jusqu’à Dijon.
La formule « suivre la vallée jusqu’à Dijon » est donc recevable dans le roman si elle désigne cet enchaînement Vandenesse → Ouche, et non une vallée unique. C’est un axe naturel de circulation de plusieurs dizaines de kilomètres, ponctué de gués, de villages et de changements de rive.
Google Maps donne aujourd’hui environ 44 kilomètres entre Créancey et Dijon par le corridor de l’A38. Cette distance moderne confirme l’orientation générale vers Dijon, mais l’autoroute et son tracé ne doivent fournir aucun détail au paysage de 1429. Une voie ancienne d’Autun à Sombernon est signalée près de Créancey, avec une montée du coteau en lacets ; elle rend plausible un itinéraire de hauteur vers l’est, sans suffire à reconstituer une route médiévale exacte jusqu’à Dijon.
Matière et sensations
- Fond du vallon : air froid, herbe mouillée, boue, brume retenue au matin, bruit continu de l’eau.
- Roches : calcaire clair, fissures sombres, éboulis, encroûtements de tuf et échos brefs sous les parois.
- Plateaux : vent plus franc, terres ouvertes, eau rare, silhouettes visibles de loin.
- Abris : calcaire humide, odeur de terre froide, gouttes lentes, chauves-souris, plafond bas et obscurité complète après quelques pas.
- Visibilité : du fond, l’horizon est coupé par les rebords ; depuis les hauteurs immédiates, les chemins et mouvements dans le vallon deviennent lisibles, mais la butte de Châteauneuf n’est pas visible directement depuis Baume. Elle n’apparaît qu’en aval, quand la vallée s’ouvre vers Vandenesse.
En 1429, l’exploitation de pierre dans les environs est plausible. La chapelle Saint-Gervais appartient au cadre du XVe siècle, mais son état précis à la fin de l’été 1429 reste à déterminer.
Fonction narrative
Foyer de Perrin et point de départ du récit. Le savoir de ses habitants concerne la pierre, l’eau, les traces et les chemins que les soldats connaissent mal.
Baume doit rester un lieu habité, avec ses solidarités et ses rancunes, pas seulement un décor pittoresque.
Le contraste entre fond de vallée et plateaux sert directement l’intrigue :
- suivre l’eau facilite l’orientation mais concentre les voyageurs dans des passages surveillables ;
- prendre les hauteurs raccourcit certains trajets, au prix d’une plus grande visibilité ;
- les falaises donnent des points d’observation sans permettre de surveiller tous les chemins ;
- les nouvelles venues de Dijon peuvent entrer dans la vallée par l’Ouche ou par les chemins de hauteur vers Sombernon.
Usage par le réseau royal
Le réseau de Hugues utilise les lieux avec parcimonie :
- la pièce encore couverte de la vieille abbaye sert de rendez-vous anodin pendant le jour, sous couvert de mener une bête ou de ramasser du bois ;
- une cavité basse et sèche, accessible derrière les ruines, contient une cache étroite pour un message ou un petit paquet enveloppé de peau huilée ;
- un abri plus haut sert de poste de guet sur le vallon, jamais de résidence permanente ;
- les entrées connues du hameau servent de leurres : le véritable dépôt se trouve dans une fissure secondaire que Jehanne rejoint sans laisser de feu ni de nourriture.
Ces refuges ont des limites concrètes. La boue conserve les traces, la fumée révèle une présence, les voix portent sous la roche et une fouille méthodique finirait par découvrir la cache. Le réseau ne s’y réunit jamais au complet et n’y conserve ni armes nombreuses ni archives durables.
Personnages liés
| Personnage | Lien |
|---|---|
| Perrin de Baume | Héros et narrateur |
| Jehanne Foucherot | Promise de Perrin ; agente clandestine insoupçonnée |
| Martin Foucherot | Père de Jehanne ; marchand de drap et informateur d’Oudot |
Notes
- Toujours écrire Baume, jamais « Beaume », dans le roman
- Ne pas utiliser l’A38, le canal de Bourgogne, le réservoir moderne de Panthier ni leurs ouvrages
- Ne pas présenter la route actuelle vers Dijon comme un tracé médiéval attesté
- Les altitudes et orientations décrivent le relief actuel, supposé stable à l’échelle du roman ; les chemins de 1429 restent à reconstruire
- La « vieille abbaye » est une fiction inspirée de la légende des Moines en Prière, pas un monument attesté
- Les grottes servent de caches, de guets et de refuges temporaires, jamais de tunnels reliant les villages
Sources consultées
- Créancey — géographie, hameaux et Roches de Beaume
- Le Morvan géologique déchiffré — plateaux calcaires et Roches de Beaume
- Association française d’agronomie — source karstique de la Jeute
- SAGE de l’Ouche — topographie et réseau hydrographique
- Ouche — parcours de Pont-d’Ouche à Dijon
- Géoportail — relief et continuités topographiques
- Google Maps — orientation et distance routière moderne entre Créancey et Dijon
- Écho des communes — Deux Moines, ermitage légendaire et monastère supposé
- Persée — abris sous roche occupés jusqu’au Moyen Âge
- BMSAP — réseau karstique étagé de la grotte Boccard